Quand on l’inspire, l’odeur ça inspire…

 

Sans titreTémoin d’une animalité qu’on étouffe et qu’on réprime, le nez nous parle de la vie des corps…

L’odeur rôde, l’odeur se répand, l’odeur se volatilise…

Mais quel est donc ce corps étrange et invisible qui se déplace au gré du vent, ces molécules aériennes qui enivrent où écoeurent ?

Comment décrire une senteur ?

On emprunte au  langage de la musique, de la peinture, de la cuisine ; le parfum du pin sylvestre, du genévrier,ces notes vertes , boisées, acidulées…

Mais quelle est la langue des odeurs ?

Corps à corps

Si la rétine a détrônée la narine, le nez reste au centre du visage !

Au virage, tournez à gauche et éloignez vous du mirage des yeux. Vous entendrez bientôt le petit peuple des narines qui dodeline sous l’effluve des lieux. Lilas, glycine, chèvrefeuille, myrrhe, benjoin…

Les molécules odorantes dansent, les volutes parfumées modèlent le geste.

Mellan-detail-spirale

Ouvrez grand vos narines, écoutez les odeurs, donnez leur à caresser votre âme!

Le monde vous pénètre par le nez. Sentez, sniffez…

Vos cils naseaux clignent, votre cloison nasale frémit, le musc et le benjoin envahissent le cockpit.
Votre bas ventre s’échauffe et la colonne vertébrale frétille.


Alors vous suez, vous suez si fort que chaque goutte qui ruisselle sur votre peau amène avec elle un peu de votre suc intime, un peu de cette sécrétion animale et baroque, vous savez, boisée, balsamique , un peu râpeuse et un peu d’essence florale aussi, néroli, patchouli, verveine…

Alors vous perdez les eaux…
Je les distille, elles s’évaporent.


Je les condense, elles se cristallisent !